La légende raconte que Thor, le dieu tout-puissant détenteur de la foudre, s'avéra incapable de soulever l'un de ces chats, tant il était lourd. D'autres chats mythiques, des "chats-fées" à la longue queue broussailleuse, héritiers des premiers chats de légende, apparaissent dans plusieurs histoires pour enfants écrites au XIXe siècle. Ainsi, dans les contes populaires recueillis par Asbjôrnsen et Moe et publiés vers 1835, le skogkatt est à diverses reprises mentionné comme un chat-nymphe portant une grande queue touffue : un "troll-chat", une sorte de génie du foyer.

En fait, les ancêtres du chat des forêts norvégiennes ont vraisemblablement côtoyé les Vikings, comme en témoignent des restes trouvés dans les tombes de ces grands voyageurs. Certains avancent que les Vikings les auraient trouvés en Orient et ramenés à bord de leurs drakkars.

Les ancêtres du chat des forêts norvégiennes ne seraient pas nés au nord de l'Europe mais sur les bords de la mer Caspienne il y a fort longtemps, et ils seraient arrivés dans les contrées Scandinaves aux alentours du VIIe siècle. Pendant très longtemps, ces chats ont vécu à l'état demi-sauvage, exerçant leurs talents de ratiers dans les fermes et de prédateurs dans les forêts. Malgré les services rendus, les chasseurs n'ont cessé de les tirer, mais cette race solide et prolifique a tout de même survécu.

Selon Katia Moik, c'est le climat rigoureux du Nord qui a "créé" le skogkatt. Il s'est bien adapté à ces conditions difficiles en développant un sous-poil laineux et un poil de couverture long et imperméable. Son pelage n'a rien à voir avec celui du chat sauvage européen mais ressemble plutôt à celui de l'ours blanc et du renard. Les couleurs de sa robe lui permettent de se fondre dans le paysage. Ce qui est un avantage certain pour ce prédateur qui chasse d'autant mieux qu'il est bien dissimulé.

Dans les forêts du centre et de l'est de la Norvège, on trouve donc plutôt des chats tabby, avec ou sans blanc. Les chats vivant dans la région des côtes rocheuses sont plutôt noir et bleu, avec ou sans blanc. Du sud de la Norvège, nous viennent les roux et écaille-de-tortue, alors que les chats blanc et gris vivent dans les régions neigeuses, leur couleur offrant un camouflage idéal.

Vers les années 1930, des éleveurs Scandinaves décidèrent de s'intéresser à ce chat autochtone, baptisé "skogkatt", terme signifiant littéralement chat (katt) des bois (skog). Ils en commencèrent donc l'élevage dans le but de sauvegarder son originalité. Sélectionnant les sujets pour leur belle robe et leur morphologie, ils préservèrent cette race naturelle, en évitant notamment tout croisement avec d'autres chats à poils longs, en particulier les persans.

   
Pan's Truls et Flatland's Bjørnstierne, 2 illustres ancêtres

La Fédération internationale féline (FIFe) a reconnu le norvégien en 1977 et lui a donné son standard officiel. A cette occasion, les téléspectateurs norvégiens purent admirer sur leur petit écran le magnifique Pan's Truls de l'élevage de Mme Nylund, un mâle qui avait servi de modèle au standard officiel du norvégien et qui fut le premier à se voir attribuer un pedigree de la FIFe.

Le norvégien, à la plastique superbe, a aussi d’autres atouts, qui entrent pour une bonne part dans son succès. Au fil des années il s’est parfaitement adapté à la vie en appartement et se révèle être un vrai chat de bonne compagnie, particulièrement tendre et proche de son maître.

Extraits du livre "Le chat des forêts norvégiennes" par Christiane Sacase.


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